[Résumé] 114e séance, par Brice

avatar_akizuki

De la « Grande Eau » à la grande bataille

Dans les ténèbres et les flots déchaînés, une partie de la magistrature d’Émeraude essayait de garder la tête hors de l’eau. Derrière eux, la mort courait dans les ombres, inexplicable et inexorable. Devant, les rapides de la rivière souterraine menaçaient les blessés et les faibles. Noshin accompagnait Akito, Nahoko, Akizuki, et peut-être ce qui était le cadavre de Kaminari. Le torrent baladait tout le monde. Noshin et Akito, qui tentaient de tenir le Crabe hors de l’eau, faillirent d’ailleurs et, tandis qu’ils allèrent heurter les rives pierreuses, Hida-san coulait. Il fallut les efforts conjugués des kami de l’Eau, d’Akizuki et de ses Ancêtres pour le tirer de là. Kakera, elle, semblait une excellente nageuse. Une fois la noyade évitée et les eaux plus calmes, le gobelin de cuivre pointa d’ailleurs l’un de ses doigts fins vers un côté de la rivière pour annoncer que c’était l’endroit par lequel on pouvait sortir et regagner la cité. Après quelques efforts, on sortit tout le monde de l’eau, dont Kaminari, toujours inerte…

Si la plupart des samouraïs prenaient un temps de répit, le moine Akito fit appel à ses propres ressources pour aider le kichigai hors de combat. De ses tatouages émergèrent d’étranges lianes qui, toutes, convergèrent vers les blessures du berserker qui reprit conscience. Il avait vu le visage dans l’ombre : Tonbo Hiroe, la courtisane du Clan de la Libellule…

Une lueur apparut bientôt dans le lointain ; celle d’une torche. Elle approchait depuis l’aval, sans doute en suivant le rebord construit par l’homme qui longeait la rivière. On se mit rapidement d’accord : il fallait bouger d’ici, évacuer les blessés et avertir le seigneur des lieux de la tragédie des souterrains (qui brûlaient toujours, d’ailleurs). Kitsu-san fut intraitable : elle resterait en arrière, dans sa forme liquide, pour observer discrètement qui étaient ces individus (amis ou ennemis ?). Quelle ne fut pas sa stupeur quand, un peu plus tard, elle aperçut des bataillons du Clan du Scorpion marcher en rang, des samouraïs et des ashigaru. Ce ne pouvait signifier qu’une chose : la guerre. Calfeutrée sans un recoin sombre, elle écoutait, toute pantoise, le capitaine Scorpion s’entretenir avec une femme dont la voix était sans conteste celle de Hiroe. Cette dernière pensait avoir éliminé les magistrats, sans en avoir la certitude. Ils échangèrent encore quelques mots, puis la légion Scorpion reprit sa marche pour son attaque secrète. Ils ne s’attendaient peut-être pas à entendre résonner des mots mystiques dans l’embrasure du tunnel qui menait à Kenson Gakka, puis à voir des fantômes se dresser. On les exhortait à partir sous peine d’être maudits. Les soldats hésitèrent, mais face à l’aplomb de leur chef, ils engagèrent le combat avec les fantômes. Tous les pouvoirs de la petite shugenja-ko se déchaînaient et les esprits des morts redoublaient d’entrain, frappant comme la foudre, guidés par le cœur sacré du Clan du Lion. Deux rangées de soldats Scorpion tombèrent, mais le combat était trop inégal.

Hiroe

Un peu plus loin, Kaminari, boiteux, ruminait d’avoir laissé seule sa compagne d’aventure. Il finit par convaincre Akizuki de faire demi-tour avec lui. Le kenshinzen ordonna tout de même à Akito qu’il aille prévenir Matsu Kioma des terribles événements du labyrinthe pendant ce temps là, afin de ne pas perdre une minute. Sur ce temps, Noshin essayait de se débarrasser de Kakera qui lui parlait de la « Grande Eau ». Le Crabe et le Grue arrivèrent dans le couloir pour apercevoir une scène inattendue : des Scorpion qui se battaient avec des fantômes. Il fallait filer. L’esprit du Kakita ne fit cependant qu’un tour et, avant de prendre le bras du Hida blessé par-dessus son épaule, il cria tout de même avec conviction : « Armées du Clan du Lion, avec moi, ils sont encerclés ! » Le temps du doute des Scorpion conjugué aux derniers esprits de Nahoko leur donneraient finalement le temps de fuir. La prêtresse raconta à ses deux collègues ce qu’elle avait surpris et les trois s’accordèrent pour dire qu’une attaque d’ampleur menaçait la ville.

Pendant ce temps, l’ambiance du chaos menaçait également en ville. Haruto chevauchait aux côtés de l’ambassadeur du Clan de la Grue, Daidoji Handen. Celui-ci était furieux et profondément choqué de l’attitude de feu Ikare. Dans Kenson Gakka, où Kohei rejoignit le tyran, on assista donc à un échange incisif, mais poli, entre Handen et Kioma. Handen rapporta l’insulte et la mort du général Lion et fit savoir que les autorités de son clan seraient averties, avant de prendre congé. Kioma était tout penaud, et il fallut l’intervention de Haruto, qui lui expliqua la situation, pour que le daimyo ait un début de réponse. Mais il paraissait tout de même dépassé. Ceci étant, la grande reconstitution de bataille finale allait avoir lieu à la fin de la soirée et il fallait préparer sans attendre les festivités. Devant l’impossibilité de faire mieux, les deux magistrats reprirent le cours de leurs activités.

Akito déboucha tout d’abord des tunnels, sans idée de la réelle menace qui planait sur la ville, mais bien décidé à accomplir sa mission de prévenir le seigneur des lieux de la tragédie des souterrains. Après quelques tergiversations auprès de Noshin et Kakera, il finit par obtenir audience auprès de Kioma qui, depuis le haut des remparts, supervisait les troupes déguisées en Scorpion qui s’étiraient sur la plaine en contrebas. Le discours du moine Togashi parut cependant incohérent au daimyo, qui le congédia, un peu perturbé par le récit du moine mais le jugeant improbable. C’est avec l’arrivée des trois magistrats du tunnel que le branlebas de combat commença. Akizuki suggéra en effet aux gardes de bloquer la porte par laquelle ils étaient arrivés, révélant l’attaque des Scorpion. Mais il était évident qu’il n’avait pas la moindre autorité sur ces soldats et que les magistrats ne purent que donner l’alerte. Il fallait trouver Kioma au plus vite. Et le convaincre, ce qui ne fut pas une mince affaire. Car le seigneur, déjà bien ennuyé par tous les contretemps depuis le début de son festival, n’avait pas envie de gâcher le clou de la fête. Devant l’insistance des magistrats, il consentit à croire en leur récit : le château était attaqué, la ville probablement également. Des ennemis se profilaient à l’intérieur des murs, et pourquoi pas bientôt à l’extérieur ? Il fit rentrer les hommes déguisés en Scorpion avec ordre de se réarmer. Et pendant que Kioma tenterait de reprendre son château à l’ennemi, il donna carte blanche à la magistrature d’Émeraude pour débusquer les espions.

Ashigaru_Spearmen

Le groupe se sépara : Haruto, Kohei et Kaminari se rendirent à l’endroit où Tonbo Hiroe séjournait. La pièce était vide, mais la trace de l’Ombre était indélébile dans cette pièce, et Kohei le constata avec dépit. Il n’y avait cependant pas grand-chose d’autre à y trouver. Akito tenta de retrouver Noshin pour s’entretenir avec lui, mais ce dernier avait à méditer et penser sur la « Grande Eau » et sur le massacre des moines qu’il venait d’apprendre — et ce n’était pas le moment. Nahoko et Akizuki se rendirent chez Handen, à la demande du kenshinzen. Ce dernier expliqua tout ce qu’il savait à l’ambassadeur : la vilénie des Scorpion, ceux qui empruntaient des visages. Il pensa avoir convaincu l’ambassadeur, d’ailleurs, que l’Ikare qui fit exécuter les moines n’était pas un Lion… « Des acteurs Shosuro ! » s’exclama Daidoji-sama. Espérant avoir tassé les tensions entre la Grue et le Lion pour se tourner vers leurs vrais ennemis, et après avoir inspecté les yojimbo de Handen, les magistrats des deux clans prirent congés pour retrouver leurs comparses. On n’était guère plus avancé…

On décida de poursuivre l’enquête. Haruto tenta de regarder le cou des gens, à la sauvette, mais cela ne donna aucun résultat. Un incendie s’était déclaré le long des murs, ajoutant à la panique, près d’une brasserie de saké. Nahoko y fila, invoquant les kami du Feu pour étouffer les flammes. Mais les incendies des souterrains étaient une menace de plus, et comment savoir s’il n’y avait pas d’autres passages secrets ? Kohei se rendit au château, où la contre-attaque s’organisait, mais il ne put déceler grand-chose. À l’initiative de Kaminari, le reste du groupe se rendit à la porte de la ville afin d’inspecter les gardes. Si une attaque devait advenir, n’était-ce pas le point stratégique des espions ? On expliqua discrètement au responsable la situation, et le fait qu’il faille vérifier le cou de chaque homme. Après avoir passé en revue les hommes de devant la porte, les deux bushis voulurent inspecter ceux de la casemate de gauche… ils avaient disparus. On avait fait mouche, d’une manière ou d’une autre. Vint l’inspection de la casemate de droite. Alors que le premier s’avançait pour qu’on l’inspecte, il sortit un tanto dont la destination était les trippes du Grue. Mauvais calcul contre un duelliste Kakita aux aguets, le tanto n’atteint jamais sa cible et, un instant plus tard, l’ennemi était au sol. L’autre pris la fuite mais, toujours porté par les kami de l’Eau grâce à Nahoko, le Grue était aussi imbattable à la course… Deux ennemis de moins, mais personne à interroger.

Dans le lointain, avançait inexorablement une armée aux couleurs pourpre et noir. Les samouraïs et les ashigaru du Clan du Scorpion sonnaient aux portes de Kenson Gakka. En l’absence d’Ikare, c’est son fidèle second, un taisa bien entraîné, qui mènerait la bataille. Alors que s’avançait Bayushi Kaseru pour les pourparlers, il demanda symboliquement à Akizuki d’être son témoin. Le général Scorpion demanda la reddition la plus totale si la bataille voulait être évitée. Avec honneur, le capitaine rejeta la demande. Une première volée de flèches plut alors sur la muraille de la ville depuis les collines avoisinantes. Un nouvel incendie se déclara et, cette fois, Nahoko déclencha un orage d’une violence rare : non seulement pour tarir les incendies, mais aussi pour embourber et fatiguer l’infanterie ennemie. Un arôme de chaos et de carnage flottait dans l’air. La guerre était lancée. Le taisa mit à disposition de chaque samouraï de la magistrature une unité de vingt hommes (une escouade). Eux aussi allaient pouvoir défendre les murs de la ville. Pourtant, sans armure, ils n’étaient pas vraiment préparés à la guerre. Mais une guerre contre le Clan du Scorpion se prépare-t-elle ?

Bayushi_Kaseru

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