[RP] Lettres à Daidoji Shiko (1 / ?)

Akizuki

IIe jour du mois du Singe, Village des Oiseaux Perdus

Ma très chère Shiko-san,

Depuis mon départ du festival de la « Tortue Humble », je me languis de votre regard. Aussi mon impatience à vous écrire était fort grande. Il fallut pour cela attendre de quitter l’espace de quelques jours les cahots réguliers des routes, interrompus seulement par des nuits humides de moussons qui vous irritent la gorge. Je fais cet arrêt, avec mes compagnons, au « Village des Oiseaux Perdus », à la frontière des terres de la famille Hida et de celles du Clan du Scorpion, et ce pour travailler, non par plaisir — vous imaginez bien. Je crois que vous ne vous plairiez pas sur ces terres ; d’ailleurs je ne m’y plais guère non plus. Les gens du Clan du Crabe, bien qu’ils soient essentiels pour l’Empire (qui est une symbiose où chaque clan, comme chaque élément, est essentiel à l’équilibre du monde), sont rustres et peu raffinés. Leurs manières sont à l’image de leur architecture ou de leur art : grossières et brutales. Finalement, on a beau critiquer les préjugés, ils ne sont que plus cinglants quand ils s’avèrent conformes à la réalité.

Une fois encore m’attendent de sombres aventures, remplies d’esprits, de cauchemars et de corruption. Je vous passerai les détails immondes qu’un génie malsain, à l’esprit dément, a bien voulu orchestrer sous mes yeux. Je suis toujours peiné de voir quelles atrocités certaines entités vilaines déversent sur notre monde. Ne pourrait-on pas tous vivre dans un tableau merveilleux, à penser au sens de nos existences en cherchant en tout la perfection et la beauté ? Ce serait plus simple pour chacun. Mais j’ai conscience de la naïveté d’une telle question, malheureusement. Et cette conscience de naïveté n’est-elle pas déjà la mort de l’espoir et le début du cynisme ?

Je pense à vous chaque soir et chaque matin. Si je ne me souviens pas de mes rêves mais qu’au lever de Dame Amaterasu je m’aperçois qu’un sourire délicat erre sur mes lèvres, je sais que vous emplissiez mes songes et je n’en suis que plus heureux. Et souvent je souris. J’ai repensé à Kakita, mon modèle de toujours. Je sais déjà que je ne l’égalerai jamais à la lame. Mais je ne sais pas si je ne pourrai l’égaler en amour. En tout cas, si je suis ses enseignements au katana, je tenterai de faire mieux que lui en cette seconde matière — quel prétentieux je fais, mais vous avez révélé en moi de nouvelles ambitions. Et s’il avait pour digne inspiration Dame Doji, je ne changerai celle qui m’inspire pour rien au monde !

Je prie pour que vous récupériez au plus vite de vos blessures, mes meilleures pensées et toute mon affection,

— Akizuki.

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