[Résumé] 116e séance, par Quentin

kohei_avatar

« Mourir au combat

Mourir pour mes Ancêtres

Voilà mon rêve »

— Soko

 

La voie du dragon

Kenson Gakka pansait ses plaies. La douleur du combat était encore vive dans les esprits des nombreux samouraïs Lion qui venaient de défendre durement leur peau face à l’armée du Clan du Scorpion. Pour celle-ci l’échec était total ; non seulement ils n’avaient pas repris ce qu’ils considéraient comme leur dû, leur ancienne place forte, mais de plus, forts de la présence de l’ambassadeur Handen, témoin de la fourberie et des intentions néfastes du Scorpion, les rapports entre le Clan du Lion et celui de la Grue s’en voyaient sans doute renforcés pour les années à venir. Le Daimyo Kioma ne fut pas avare en compliments lors de la fête organisée en l’honneur de la magistrature d’Émeraude et de l’ambassadeur Handen. Des « héros », tel fut le mot employé pour désigner l’ancienne magistrature d’Émeraude de Ryoko Owari, acclamée par tout un clan. Pour remercier ceux qui, par leur courage et leur efficacité, avaient contribué en grande partie à éviter la chute de Kenson Gakka, Matsu Kioma-sama offrit un petit coffret noir sobrement décoré. À l’intérieur de celui-ci, la faveur du Clan du Lion serait dorénavant accordée aux magistrats. Où qu’ils soient, de jour comme de nuit, dans n’importe quelle situation, il leur suffirait d’envoyer cette lettre au Daimyo Lion le plus proche et, pourvu que leur demande soit honorable, celui-ci viendrait immédiatement leur prêter mainforte.

La fête pouvait commencer. Chaque magistrat trouva de quoi faire, recevant les félicitations et les honneurs des uns et des autres. Nahoko-san s’entretint avec Miko-sama, la veuve du général Akodo Ikare, qui lui distilla quelques conseils pour la fin de sa grossesse tout en cachant sa profonde tristesse. Kaminari-san festoya avec les samouraïs Lion, trinquant, buvant saké sur saké en se moquant gentiment des Scorpion vaincus. Le moine de la famille Togashi tenta d’obtenir plus d’informations sur la « Grande Eau auprès » du shinpu Noshin, mais celui-ci resta tout aussi vague qu’auparavant. Akizuki-san resta longuement auprès de ses frères de clan, s’inquiétant pour la douce Shiko dont il s’était épris. Kohei-san se fit lire les lignes de la main, apprenant une nouvelle fois que le « Dragon » ne tarderait pas à prendre contact avec eux. Quelle était donc cette prophétie qui semblait se répétée sur la route des samouraïs ? Celle-ci n’avait donc rien à voir avec les événements récents.

La soirée se termina et chacun se coucha, heureux ou triste, fourbu pour beaucoup d’entre eux. Aux petites aurores, la magistrature se rassembla pour le départ. Tandis que la prêtresse Kitsu, enceinte de plusieurs mois, prenait place dans le chariot vu l’interdiction pour elle de monter à cheval, le duelliste Kakita fit ses adieux à la belle Shiko-san. Les deux étaient promis à un mariage d’amour qui, selon l’ambassadeur Handen, serait organisé rapidement. Mais ils n’en devaient pas moins se séparer, pour remplir leurs devoirs respectifs. Shiko se laissa aller à un tendre baiser, embarrassant les deux samouraïs qui, la tête baissée, se quittèrent gênés sous les regards amusés de Kaminari et Haruto-san. En temps normal, la route vers le village des oiseaux perdus se serait faite sans embûches notables. Malheureusement, un détail venait empêcher les magistrats d’être tout à fait à l’aise. La route empruntait en effet les terres du Clan du Scorpion…

Akodo_Miko

Effectivement, ces derniers ne mirent pas longtemps à montrer tout leur ressenti envers la magistrature. Bien que ne pouvant toucher aux représentants de Doji Satsume-sama, ils mirent toutes les armes en leur possession pour nuire au voyage des magistrats. Dès le premier poste frontière, le groupe dut attendre de nombreuses heures pour le contrôle de leurs laissez-passer, sans compter que le groupe ne put se ravitailler en nourriture car celle-ci, soi-disant, « manquait ». Profond mensonge qui ne toucha pas le groupe, préférant ne pas répondre aux nombreuses provocations. Plus loin sur la route, le groupe hésita longuement à pénétrer dans une auberge, tant la faim commençait à se faire ressentir. Après les hésitations et les avertissements d’Akizuki-san du fait de la présence de nombreux chevaux devant l’auberge, le groupe tenta sa chance. Leur entrée ne passa pas inaperçue, l’ambiance, déjà des plus morbides, sombra un peu plus encore lorsque les rescapés de Kenson Gakka, qui étaient venus noyer leur chagrin, aperçurent les magistrats. Encore une fois, il fallut un calme olympien pour éviter une bagarre rangée, ce qui pour le Hida commençait à devenir de plus en plus difficile. Qu’il en soit ainsi, les magistrats avaient bien plus important à faire que répondre aux invectives et aux insultes, et ils décidèrent de passer la nuit à la belle étoile à quelques lieux de l’auberge.

Pendant la nuit, deux soldats ivres du Clan du Scorpion pénétrèrent dans le campement pour provoquer le kichigai Hida qui montait la garde. L’un d’entre eux tenta de le viser avec son arc. Kaminari-san ne tint plus et poussa l’un des hommes au sol. Une nouvelle fois, les Scorpion mettaient en exergue toute leur ruse. Comme par enchantement d’autres Scorpion, bien sobres ceux-là, apparurent de derrière les buissons, arguant que le Hida avait poussé un homme ivre : ils réclamèrent un duel. Le ton monta, réveillant les autres magistrats. Haruto et Kohei-san y allèrent de leur piques, tandis que le kenshinzen Kakita tenta de résonner tout le monde ou de proposer de faire le duel avec lui. Après de longues minutes très constructives, il fut décidé de remballer le campement et de laisser les vétérans Scorpion à leurs provocations. La route reprit sans autre incident notable. La bataille de Kenson Gakka était-elle enfin suffisamment loin derrière eux ?

La nuit tombée, alors que les nuages d’une tempête commençaient à s’accumuler au-dessus des têtes des samouraïs, le groupe décida de se réfugier dans une petite auberge isolée. Point de samouraïs du Clan du Scorpion cette fois-ci, simplement un aubergiste ravi de la visite de clients qu’il accueillit comme des princes. La magistrature d’Émeraude pouvait prendre un repas et un repos hautement escompté, à l’abri des intempéries. C’est alors que, tout d’un coup, un personnage sortit de l’ombre. D’un coin de l’auberge, un mystérieux samouraï qui dégageait une puissante aura mystique, laissant tétanisés les six magistrats, apparu comme par magie alors que rien ne laissait présager sa présence quelques secondes plus tôt. D’un pas léger il s’approcha de la table des héros. Akito reconnut son mystérieux Champion, Togashi Yokuni-sama, un homme qui, selon les légendes, était à la fois un grand guerrier et un puissant shugenja. L’histoire disait aussi que rares étaient les personnes qui avaient eu l’occasion de le voir et de lui parler. Le Dragon les prévint d’un grand danger, un danger imminent : la magistrature devait se rendre à Kyuden Hida pour s’entretenir avec Hida Kisada-sama en personne. Ils devaient absolument obtenir la permission de celui-ci de se rendre dans le chef-lieu des provinces de la famille Kuni. Mais ils devaient néanmoins rester prudents ; la mort, la guerre et la trahison allaient parsemer leur route d’embûches innombrables. Pour les aider dans leur tâche, il leur remit un sceau magique qui leur permettra de « convaincre » Hida Kisada et toute autre personne avec qui ils auront s’entretenir. Le Dragon, sans aucun autre mot, sortit par la porte de devant, son ombre une dernière fois éclairée par un éclair. « Du riz, voulez-vous encore du riz ? » demanda l’aubergiste qui ne semblait ne s’être aperçu de rien. Il confirma d’ailleurs que les magistrats étaient les seuls personnes présentes dans l’auberge depuis plusieurs jours. Le groupe resta dubitatif, avec ces questions en tête : pourquoi eux ? Quel était ce danger si grand pour que le mystique Togashi Yokuni se rende aussi loin de ses terres pour les charger d’une mission ?

Yokuni

Le groupe alla se coucher, mais l’un d’entre eux n’était pas encore au bout de ses peines. Hida-san aperçut l’inquisiteur Asako assis au centre de sa chambre. De nombreuses bougies étaient allumées, mais l’une d’entre elles, posée en face du vieux prête attira toute son attention. Kohei l’alluma et, presque immédiatement, le bushi se sentit comme apaisé. Tout le poids et toutes les incertitudes de sa récente situation, les questions qu’il se posait sur sa sœur disparurent, laissant Kaminari rasséréné. Presque hypnotisé par la flamme muée par les kami du Vide, il s’assit en face du prête. Kohei commença alors à prier, murmurant les paroles d’un vieux chant de guerre Hida pour rappeler aux Ancêtres le nom de l’homme assis en face de lui. Un nom que la souillure tentait de faire disparaitre. Les kami du Vide acceptèrent d’apporter leur aide, car pour lutter contre la souillure qui grandissait en lui, Kaminari-san devait obtenir des réponses pour apaiser son âme. Le shugenja prononça alors de nouvelles paroles, l’étrange bougie s’agita, se consuma de plusieurs centimètres en quelques secondes. La cire coulant sur son long semblait former une figure au sol. Le guerrier Hida put alors poser une question aux kami du Vide, et il leur demanda de voir le visage de sa sœur. Kohei aperçut une image distincte de la sœur en question, elle était… Hida-san sombra devant le visage de sa sœur que la cire venait de dessiner sur le sol. Ce ne pouvait être possible, ce ne pouvait… alors que Kohei-san s’effondrait au sol, Kaminari sortit bruyamment hurler la rage qui lui dévorait le cœur.

Le lendemain, le groupe reprit sa marche non sans remarquer la fatigue de Kohei-san et le silence du guerrier Crabe. La frontière du Clan du Crabe était enfin en vue. Etonnamment les Scorpion ne semblaient pas les reconnaitre. Le temps était même à la fête et aux chants. Plusieurs fois, les magistrats furent invités à participer à leur bonheur. Après enquête, ils apprirent que ceux-ci venaient de gagner une escarmouche contre des troupes du Clan du Crabe. La bataille de Kenson Gakka n’évoquait rien à ces samouraïs (pour le moment, en tout cas…). Les magistrats ne restèrent pas et franchirent la frontière tout en pensant à se ravitailler auprès des Scorpion enjoués.

Si les derniers kilomètres sur les terres du Scorpion ne posèrent aucun souci, les premiers sur les terres du Clan du Crabe, par contre, ne furent pas de tout repos. Après quelques kilomètres, tandis qu’ils traversaient une forêt des plus inquiétantes, Kaminari-san aperçut des hommes se cachant dans les fourrées. Les bushis Crabe qui les interceptèrent n’étaient pas de grande humeur et plutôt très tendus. Malgré les gestes d’apaisement et leur statut, les magistrats étaient sur le point de se faire attaqués par les bushis qui les prenaient pour des espions Scorpion ; lorsque soudain, une voix, sortant de nulle part, rugit sa rage derrière eux. Immédiatement les bushis se plaquèrent au sol. Le général Hida Misogi-sama hurla sur ses hommes qui s’apprêtaient à attaquer les représentants de l’illustre Doji Satsume-sama.

Il prononça ses excuses auprès de la magistrature d’Émeraude et les invita à le rejoindre chez lui. Il avait besoin de leur aide, leur dit-il.

Une fois le groupe arrivé à sa demeure, il leur expliqua que le village était plus troublé que jamais. Un groupe de samouraïs appartenant à celui-ci avait été envoyé au-delà du mur pour une mission. Lors du retour, après les contrôles des shugenja Kuni pour vérifier toute présence de souillure, la patrouille reprit la route du retour. Elle devait venir prêter mainforte aux Crabe pour l’escarmouche qu’ils préparaient contre le Clan du Scorpion. Mais ceux-ci n’arrivèrent jamais. Et pour cause, alors qu’ils étaient à quelques lieues du village des oiseaux perdus, un guerrier répondant au nom de Hida Dasan fut pris de folie, et il s’attaqua à ses frères d’armes. Mué par une force surnaturelle, il tua vingt de ses camarades avant de se donner la mort. Le guerrier avait-il été drogué par le clan voisin ? Ou autre chose se cachait-il derrière cette histoire ? Pour Kohei, nul doute qu’un maho-tsukai se cachait derrière la force extraordinaire de ce guerrier. À moins que ce ne soit le fantôme qui, selon Misogi, hantait la forêt voisine, et qui aurait pu prendre possession du corps de Hida Dasan. Quoi qu’il en soit, seuls trois hommes avait survécu au massacre, dont l’apprenti de Dasan : Kurusu, absent lors du combat, et le général Nakai, gravement blessé et toujours alité. Le général Misogi avait fait venir des prêtres pour vérifier la dépouille du bushi, une cérémonie de deux jours allait être organisée. Misogi demanda aux membres de la magistrature s’ils pouvaient attendre ces deux jours dans le village et commencer à enquêter sur ce mystère. La magistrature accepta, décidant de mettre à profit cette requête pour enquêter sur le rejeton de Kaiu Shinya. Peut-être que ces deux histoires étaient liées, après tout… Kaiu Shinya était apparu au village il y a un mois de cela, et il avait déposé sa femme Suzume-san chez un vieux bucheron établi dans une cabane au milieu de la forêt. Un bucheron solitaire qu’on disait fou… Les prochains jours s’annonçaient prometteurs, d’autant plus que la magistrature d’Émeraude fut invitée à dormir chez la veuve de Dasan : Hida Kohi san, dans le but de veiller sur sa santé. La pauvre femme semblait à son tour sombrer dans la folie ; elle était, disait-on, fortement affectée par la perte de son époux. Misogi s’inquiétait pour elle.

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